La Corse étant une région très catholique, elle n’en demeure pas moins traditionnelle. Malgré sa forte popularité actuelle, la religion catholique a eu du mal à s’implanter en Corse à cause de ses traditions et rituels païens.

Le mauvais œil, plus communément appelé « l’ochju » en corse, est le fleuron des traditions immatérielles corses et s’implante dans sa culture et son patrimoine. En croisant la religion et la tradition la prière du mauvais œil est née.
De nombreuses personnes sont sceptiques quant à sa réalité, ce qui coule de source aux yeux de certains va être invraisemblable pour d’autres. Mais personne en Corse n’est insensible à cet objet patrimonial puisque même les sceptiques ont des doutes. Il faut savoir que lorsque les animaux, qui représentaient la majeure partie de l’économie corse, étaient malades, on les soignait avec ce qui rituel, ce qui faisait espérer au peuple qu’ils pouvaient continuer à travailler et donc continuer de produire.

Qu’est-ce que « l’ochju » ?

L’ochju est la manifestation d’une influence néfaste, provenant d’une forte jalousie ou d’une admiration envieuse, se caractérisant par de fortes migraines, des nausées, une lassitude inhabituelle ou encore une malchance récurrente.

Peut-on se protéger ?

En Corse, bon nombre de superstitieux portent du corail, la main de Fatma, un œil de Sainte Lucie ou encore du gros sel ; tous sont considérés comme porte bonheur et de ce fait empêchent ce mauvais œil de les atteindre. Ce sont d’ailleurs ces objets que l’on offre aux nouveaux nés.
Les anciens ajoutent souvent « Que Dieu te bénisse » après une flatterie, ou font les cornes, il s’agit d’une formule démontrant qu’ils ne veulent aucun mal.

Comment se déroule donc ce rituel ?

Une personne, appelée « Signoratu » va se servir d’une assiette creuse dans laquelle il versera de l’eau et un peu d’huile, puis tout en récitant la prière, il fera des signes de croix. Selon la disposition de l’huile dans l’assiette il verra si oui ou non son interlocuteur a bien le mauvais œil. Si c’est le cas, il continuera sa prière jusqu’à ce qu’il disparaisse et lui fera des signes de croix sur la tête. Si le mauvais œil est trop important deux personnes « Signorati » devront se lier afin de l’enlever.
L’utilisation du matériel dépend des microrégions Corses, certaines utiliseront un chapelet, d’autres une alliance, l’huile est surtout répandue en Balagne.

Quelle est la prière ?

En se transmettant de génération en génération, cette prière, pour éradiquer « l’ochju », ne peut s’apprendre que dans la nuit du 24 au 25 décembre aux alentours de minuit, pendant ou peu de temps après la naissance de Jésus. Cette règle est très importante, on ne peut ni la relire ni la dire à haute voix en dehors de cette nuit convenue. Si la prière n’est pas transmise au moment convenu, elle ne sera pas retenue et le futur « Signoratu » ne pourra donc pas éradiquer le mauvais œil, et pourra même l’aggraver et se le transmettre seul. Cette date clé peut s’expliquer par la foi religieuse qui perdure sur l’ile, ou encore la signification du soir de Noel qui est un soir de partage et de générosité.

Il faut cependant ne pas tomber dans l’abus et ne pas croire qu’à chaque flatterie les gens pensent à mal, bien au contraire !

 

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here